Prélever des plantes, ça ne s'invente pas ! Évidemment, ça semble facile et intuitif de ramasser un bouquet de fleurs sauvages, mais si on souhaite faire une récolte plus organisée, avec des plantes spécifiques et des quantités plus importantes, il y a des choses à connaître.
Nous allons vous partager nos petits trucs, tout en sachant que toutes les cueilleuses et cueilleurs n'opèrent pas de la même manière.
Allez, v’nez vous-en !
Où trouver vos plantes ?
Une fois que vous avez établi votre “liste de cueillette”, il faut savoir où aller pour trouver vos trésors végétaux. Et ce n'est pas toujours évident !
Terres publiques
Si vous ne possédez pas de terre ou que vous ne connaissez personne qui puisse vous donner l'autorisation d'aller cueillir sur sa propriété, il faudra vous tourner vers les terres publiques. Il y en a beaucoup au Québec et ce sont les endroits parfaits pour récolter sans devoir payer quoique ce soit, contrairement aux ZEC ou aux pourvoiries.
Repérage des lieux à prospecter
On se sert d'un outil très pratique pour savoir où chercher nos plantes : Forêt ouverte . C'est une carte interactive qui permet d'accéder à diverses couches de données en lien avec la composition forestière et géologique du territoire québécois. Et c'est gratuit !
On peut alors repérer les terres publiques mais aussi les types de peuplements d'arbres, leur ancienneté, les milieux humides, les anciens chemins, les incendies passés, les coupes forestières, etc. Tous ces éléments peuvent indiquer la présence de certaines plantes si on connaît leurs habitats et leurs affinités.
Voici quelques exemples :
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Épilobes, morilles : là où il y a eu des feux ou des coupes.
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Myrique baumier : autour des lacs et rivières.
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Framboisiers : dans les clairières ensoleillées.
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Champignons homards : en symbiose avec les conifères et parfois les bouleaux.
Quelle préparation pour une sortie réussie ?
Une fois que vous savez où vous allez faire votre sortie, il faut vous assurer d'avoir tout ce qu'il vous faut.
Matériel nécessaire

Chez Sauvage-s, on fait simple et pas cher. Là où certaines personnes préfèrent les paniers ou les sacs en osier, nous optons pour de simples sacs en coton. Ils nous permettent de mieux nous faufiler entre les arbres. Prenez-en de différentes tailles selon vos projections de cueillette et les quantités. Pour les plantes fragiles, on les dispose juste après la récolte sur des claies de séchage présentes dans nos tiroirs à l'arrière de la voiture.
De bons couteaux seront de vrais alliés : pas la peine de prendre toute une armada de lames différentes. Une lame moyenne et une autre type mini-scie peuvent suffire. Elles pourront vous servir pour les plantes tendres comme les petites branches, mais aussi pour les champignons coriaces comme le chaga.
Prenez aussi un téléphone chargé sur lequel vous avez téléchargé la carte du coin hors connexion (disponible sur Google Maps), c'est plus prudent. Sinon, optez pour une bonne vieille boussole pour vous repérer.
Vêtements
Nous ne vous conseillons pas de récolter en tenue légère… Les insectes n'attendent que ça ! Alors voici notre combo gagnant : pantalon, veste anti-moustiques, chaussures de marche imperméables. Le mieux, c'est de rentrer le pantalon dans les chaussettes pour se protéger des piqûres/morsures aux chevilles.

La veste anti-moustiques que nous avons est faite d'un tissu tissé serré, qui empêche les moustiques de nous piquer, et de parties de moustiquaires respirantes. Il y a une capuche qui peut couvrir complètement le visage avec une moustiquaire : on s'en est servi en Abitibi mais on n'en a pas vraiment besoin dans les Laurentides ou dans Lanaudière.
On ajoute une casquette et des lunettes de soleil si on est très exposés au soleil, par exemple pour le framboisier.
Santé
Il y a quelques incontournables à avoir dans son sac pour des cueillettes agréables et sans risques.
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Soins : crème solaire minérale, baume après-piqûres . On met aussi du chasse-moustique maison qui fonctionne peu de temps, mais qui aide quand même quand il y a trop de bibittes. Beaucoup prennent des produits à base de DEET que nous refusons de mettre sur nous ou dans l'environnement. C'est un choix de préférer mieux se couvrir et apaiser les inévitables piqûres. Si vous partez longtemps, dans un coin vraiment perdu, prenez aussi une trousse de secours avec du désinfectant, des pansements, un retire-tiques.
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Nourriture : une gourde d'au moins 1l d'eau, des noix, fruits secs, jerky, barres tendres, au cas où.
Bonus : si vous êtes en mode exploration, sans trop savoir ce que vous cherchez, prenez un livre de référence sur les plantes. Par exemple, les Fleurbec, Cueillir la forêt (Gérald Le Gal et Ariane Paré-Le Gal), Sauvage (Alice Fauconnier).
Comment récolter vos plantes ?
Maintenant que vous savez où vous allez et que vous avez tout ce dont vous avez besoin, c'est parti pour la récolte ! Certaines choses sont à faire et à ne pas faire.
Attention aux polluants
On ne peut pas tout voir sur les cartes, alors parfois il faut se rendre sur les lieux pour bien analyser le terrain. Évitez les endroits proches des routes passantes, des voies de chemin de fer, des lignes à haute tension, des champs cultivés (on ne sait pas s'il y a eu des pesticides), des usines, des décharges.
Après, c'est du bon sens : si le lieu vous semble louche, passez votre chemin.
Pour un cycle pérenne
Une règle d'or pour nous : notre passage ne doit pas se voir. Nous prélevons toujours un peu sur chaque plante, mais pas plus. L'idée, c'est que ça repousse !

Exemples :
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¼ max des feuilles sur un plant de thé des bois
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3-4 feuilles de thé du Labrador par plant (on a souvent vu des vidéos où les gens coupaient la tête, nous on ne fait pas ça)
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3-4 rameaux par sapin baumier ou thuya
Parfois, on ne revient pas dans le même spot 2 années d'affilée. C'est le cas pour les cocottes de myrique baumier.

Et voilà ! Vous êtes prêtes et prêts à partir en cueillette : youpiiii ! On vous souhaite une super sortie et de trouver vos plantes pour faire vos tisanes, teintures, confitures, etc.
